A croquer

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mardi, septembre 8 2009

Le Visa

Régulièrement j'ai ce rendez-vous. Au début c'était tous les trois mois, puis ce furent deux fois par an.
Depuis trois ans c'est chaque année que je dois renouveler mon visa.
Comme pour tous les immigrés, une forme d'inquiétude - pas tout-à-fait de l'angoisse- monte à mesure qu'approche l'échéance. C'est qu'il me faut à la fois préparer mon dossier, ruminer le baratin que j'aurais à débiter au fonctionnaire qui filtre et aussi-surtout- parce que je ne puis m'empêcher d'envisager les perspectives que causerait un refus d'obtention.
Je ne pourrais sans doute pas y survivre. Je sais que c'est un peu mélodramatique, mais c'est pourtant ainsi que je le ressens.
Mais aussi, quelle échappatoire se présenterait? Quelle terre d'asile vers laquelle prolonger mon séjour?

le-Styge.jpg Un visa refusé me condamnerait à errer dans les eaux du Styge, incapable d'empoigner la jetée pour reprendre Terre.

C'est pourquoi les jours qui précèdent cette échéance sont difficiles à vivre: l'ennemi -le danger- est intérieur et plus redoutable, à la fois impalpable et présent en toutes choses. Ma relation avec le monde en est perturbée, que soit avec celle que j'aime, ceux que j'aime, ce que je veux faire et, surtout, avec moi-même: qu'ai-je fait depuis mon dernier visa qui justifie qu'à la différence d'autres dans mon cas, je sois tamponné et gratifié d'une prolongation?
C'est pourquoi le monde me paraît si vaste, les possibles si innombrables, les gens si riches de possible lorsque le visa m'est accordé.

Et hier, ben je l'ai eu: encore un an au moins.

lundi, septembre 7 2009

A vendre

Alors que le désir d'écrire se mélange au besoin de retrouver le fil d'un autre, voila t'y pas qu'une compagnie (une société) chinoise offre de racheter "A croquer"?...
On se demande bien pourquoi.
D'où ça sort.
Comment ils en sont venus là.
S'ils ont de l'appétit et si, devant mon refus, ils vont tenter les habituelles tactiques du Milieu (de l'Empire du, of course, mais qu'est-ce que je suis drôle).
Comme je n'ai pas envie de vendre, ne trouvant aucun sens à une quelconque tractation (pas plus que je n'en ai trouvé à vendre deux autres noms de domaine à des compagnies américaines), et puisque ces messieurs-dames me rappellent l'existence de ce site, je me sens obligé, s'pas, de pondre un article. Pondant un article, je suis contraint d'y inclure une image qui, comme toujours, reflètera à la fois la pertinence du phénoménal et l'incongruité du réel, l'ensemble étant saupoudré de la teinte seyant au cadre dans lequel cet article s'inscrit.

pureepourre.jpg Comme il convient d'ajouter une touche de vécu (ceci est un blog perso après tout), qu'il me soit permis (façon de parler puisque je suis celui qui m'interdis autant que m'autorise) de présenter cette image d'un plat délicieux que j'ai découvert cet été dans mon Périgord noir: de la purée de patates violettes, garantie sans colorant, pas aussi bonne que celle que j'ai dégusté chez Boucheron, mais pas trop loin.

vendredi, avril 3 2009

les fins de casseroles

Comme prévu, et d'ailleurs comme je l'annoncais dans un commentaire sur monblogchiant, c'est bien le Fonds qui va faire figure de solution commune pour faire croire à tout le monde - à la planète- que cette fois les riches tiennent vraiment à aider les pauvres.

On va donc les gaver de brioche, chère Marie-Antoinette.
cone_rouge_NYC.jpg

Maintenant que le calme -en ce qui me concerne- est un peu revenu, je vais pouvoir m'atteler lentement à deux ou trois choses personnelles, comme:

  • le livre de vadrouilles
  • rester au bord de l'eau ou m'enfoncer dans la forêt, même si ma belle a peur que j'y meure
  • me complaire dans les lectures, les visionnages, l'écriture intime

Je crains toujours les moments comme celui-ci, qui suivent une période de grande intensité et m'imposent de faire un choix de vie: rien ne me trouve plus indécis et, bien sûr, aucune aide ne viendra de mon entourage, tellement habitué à ce que je commande tout avec insouciance et l'apparence de la parfaite assurance.

dimanche, mars 22 2009

Prix du pain d'air

Voilà qu'un groupe veut acheter ce nom de domaine...

Out of the blue, pif et paf, je reçois une missive tout ce qu'il y a de sérieuse, avec références, siège social, nom du boss, rédaction polie-polie, le tout se résumant en gros à :

"Cher monsieur, on veut acheter votre nom de domaine.
Veuillez le faire évaluer par tel et tel site de référence (suit une liste de quelques sites genre machindomainepointcom), et nous proposons de vous le payer 60% de plus".
roomservice.jpg

Mais j'en n'ai rien à croquer, qu'ils achètent ce site: c'est le seul de mes machins qui se tape un lectorat de dix visites par jour maxi!
Trop précieux.
Je garde.

jeudi, février 26 2009

l'air de rien

Nos outils modernes, qui nous permettent d'accéder et d'intervenir dans ce que bêtement nous appelons le monde virtuel, nous poussent à une distanciation parfois effarante.
Ainsi, depuis des jours et des jours (des semaines en fait) je suis penché devant des écrans plats qui retracent les mondes traversés, les émotions ressenties, les personnes aimées, haies, combattues, appuyées, ignorées, oubliées.

Encore une fois j'essaye de cacher ces guerres, ces horreurs, ces détresses qu'il semble impossible de montrer à voir.
Plus pour me préserver des cauchemars qui me hantent que pour adoucir mon propos?

Tout cet univers qui surgit pour me rappeler aux traces laissées sur mon passage.

Et il faut que cela se passe ici, où personne ne regarde.
De toutes manières, les endroits que personne ne regarde sont souvent ceux qui recèlent le plus de secrets.
salon_Haumont10_avril_2006.jpg
Je me souviens de ce cabinet.
De cette jolie femme aux cheveux roux si extraordinaires; de son regard subtilement prometteur et moqueur; des jambes fines gainées de noir qu'elle laissait entrevoir et appuyait contre les miennes.
De son ton mesuré. Combien de femmes médecins n'ai-je pas vu agir de la sorte?
Tandis que tout le haut de leur corps affiche une attitude professionnelle, le bas vous communique une toute autre température.
Et l'on se laisse faire. Tandis que le vent fait 'agiter les rideaux, que le bruit de la cour, étouffé par les fenêtres, évoque une vie tranquille, le tumulte étouffé de deux êtres se joint.

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