A croquer

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samedi, février 7 2009

Rire d'amour

Qu'est-ce qu'on a pu écrire sur les larmes , les cris, les malheurs, la douleur de l'Amour!

Quand j'étais môme, je n'en revenais pas de voir au cinéma des adultes, des hommes (généralement héroïques sur d'autres plans) devenir chèvres, loques, paillassebecs parce qu'une nana leur avait troué le coeur.

Je m'étonnais toujours, à lire telle ou telle auteure ou personnage féminin de littérature ou de cinéma, de la voir se vautrer dans la poussière pour l'homme qu'elle aimait, pleurer toutes les larmes de son corps, s'avilir ou carrément ma bonne dame, perdre la santé.

Par amour.

Tu m'étonnes si après ça j'ai entamé une carrière de tombeur, prenant les dames pour des objets jetables: pas question de souffrir bêtement! Mais on grandit, et l'Amour fou m'a rendu fou. Heureusement, c'était fou de bonheur, fou de joie, fou de créativité.

Puis ben après bien sûr il y a eu des histoires d'amour pas toujours placées sous le signe tordu-sur-le-tapis-à-se-gondoler, généralement parce que la rupture n'étais pas réciproque ou synchrone: je devais poursuivre ma route, et pas le droit de m'attacher pour tout un tas de raison. Donc cris, agressions, récriminations, larmes, douleurs et plus grave que ça, chantages, maneuvres pas jolies, etc etc..
Gouzi-gouzi?

Jusqu'à ce que ça redevienne drôle.

Parce que le rire d'une femme dans sa sensualité; ce rire généreux, cette exhalaison intime est une divine surprise. La force féminine annoncée par le rire cristallin d'un être qui se donne tout en prenant tout.

Cette cascade harmonieuse: dans nombre de pays seules les femmes rient ou sourient ouvertement, les hommes étant pour je ne sais quelle raison persuadés que le rire ou le sourire leur ôterait une quelconque dignité qu'ils croient détenir.
Tu parles.
J'ai toujours aimé rire bien sûr. En compagnie, je suis plutôt porté à l'humour.
Mais rire d'amour, c'est rire à deux. C'est créer un espace privé qui échappe au monde, plein de caresses dans l'air.

jeudi, février 5 2009

Mordre encore

Aujourd'hui, une fois de plus, j'ai cru que c'était fini.

Il arrive un moment où ce serait presque un soulagement. Ne plus porter cette douleur, ne plus supporter ces témoignages. Ne plus sentir les coups de hache à travers le torse.
Dans ces moments on en vient à croire que ce serait si doux, comme on imagine l'homme perdu dans un blizzard et qui, petit à petit, se laisse aller au froid qui insensibilise.
Mais alors surviennent les visages, les voix, les gestes de ceux qui n'ont pu franchir l'étape. Ces souvenirs, si pénibles, si horribles soient-ils, et peut-être justement parce qu'ils reflètent l'horreur de certaines conditions humaines, et parce qu'on est allé porter témoignage (quel insensé!) font que l'on n'a pas le droit de retirer la prise.

caretaker13_juin_2006-1.jpg Donc on repart. Rien que par amour pour une, deux, quelques personnes. Rien que parce qu'arrivé à un certain stade, plutôt que de se donner une fin confortable, on peut donner aux autres encore un peu.
Puis les machoires, qui s'écrasaient l'une contre l'autre se détendent et s'ouvrent. Pour rire un peu, quoi.
Make it light.

lundi, février 2 2009

Perdre les mots

L'acte de publier en France (ou en français) me semble de plus en plus vain, quelque soit le nom de plume utilisé, quelque soit le sujet, le support, le prétexte (si j'ose dire).
S'y mêlent tant de vanité, d'inexistence, de flatulence égotique, de hurlements d'insignifiances, que les rares dons sont de plus en plus durs à trouver.

Quel auteur transmet-il encore à l'autre (l'autre étant ce lecteur pris comme explorateur de l'humanité) de façon désintéressée, sans s'acharner à gaver un surmoi de plus en plus pathétique, jumelé, reproduit à l'identique?

notracks16_novembre_2008.jpg
Verbiage interminable

J'ai vraiment l'impression funeste d'une ribambelle de jeanfoutre inutiles accrochés par désespoir ou par terreur à leurs éditeurs, lesquels eux-mêmes ne savent pas s'ils ne vont pas subir le même sort que leurs collègues éditeurs de musique. Rendus obsolètes par quelque logiciel informatique lié à un nouveau support mobile (le grand truc)
Je suis évidemment d'autant plus mal placé que j'écris et publie en plusieurs langues, et m'apprête à publier un, voire deux livres dans les mois qui viennent.
Le fait que le premier soit constitué d'images, et le second de mots laissés flottant au vent n'y change rien.
Ou si peu.

mercredi, janvier 14 2009

A ne pas dire

C'est bête comme chou mais face à la diversité des situations on ne peut que s'étonner sans cesse de l'uniformisation des modes de réaction.

Idem des modes d'expression.
Ainsi, devant les horreurs habituelles sans cesse renouvelées qui nous démontrent à quel point l'humain ne parvient pas à concilier sa double nature d'être épris de hauteur et d'individu avide et timoré, les postures vont généralement de l'indignation vertueuse (cas le plus engagé) à la plus amorphe indifférence.
Comment, alors qu'on est incapable de concilier des positions contradictoires en famille, après un repas et alors qu'on est toujours assis à table, imaginer que des étrangers puissent faire autre chose que répéter continuellement les bouts de phrase qui leur semblent correspondre à ce qu'ils croient être eux-mêmes, et devraient donc penser?

deuxpieds11_aout_2007-1.jpg Comment émettre une pensée originale?
Comment reconnaître qu'une pensée est originale (qu'elle apporte ou non une solution à un problème quelconque)?

dimanche, mai 18 2008

L'amour à vie

Récemment, une femme que j'ai aimée à la folie et dont je suis séparé depuis longtemps m'a dit qu'elle avait fini par me pardonner.
Cela voulait dire qu'elle avait fini de souffrir.
Elle a précisé qu'elle avait en fait compris mon choix pour la vie: suivre l'amour. Avec un grand a.
Je l'écoutais sans réagir, comme je fais toujours lorsqu'une femme de mon passé -récent ou éternel- me fait un bilan.
Sans réagir, car j'accepte la vision de l'autre, cette autre avec qui j'ai connu les délices et les désastres.
dans un sens
Ainsi, pour des tas de raison dont la première est que les femmes et les hommes sont différents les uns des autres, et la deuxième est que je suis juste moi et pas nécessairement comme les autres hommes, dont finalement je sais moins de choses que ce que je sais des femmes, j'aurais suivi l'amour.
Si suivre l'amour c'est laisser l'humanité aller à des considérations insensées de carrière, de confort, de courants, de normes alors qu'un mouvement de hanches, un doigt qui se lève, un cou qui se courbe, un oeil qui bat, une bouche qui se dessine me parlent de cette promesse aussi intense qu'hors de portée, oui j'ai suivi l'amour.
C'est mieux que suivre le bon filon.
Bien sûr, vu du dehors, c'est comme si je consommais des corps et des coeurs alors que je m'y consume.
L'amour est une surprise, l'amour est toujours en train de vous arriver en pleine tronche à l'improviste, l'amour bouleverse et renverse et déverse.
L'amour donne faim.

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