Aujourd'hui, une fois de plus, j'ai cru que c'était fini.

Il arrive un moment où ce serait presque un soulagement. Ne plus porter cette douleur, ne plus supporter ces témoignages. Ne plus sentir les coups de hache à travers le torse.
Dans ces moments on en vient à croire que ce serait si doux, comme on imagine l'homme perdu dans un blizzard et qui, petit à petit, se laisse aller au froid qui insensibilise.
Mais alors surviennent les visages, les voix, les gestes de ceux qui n'ont pu franchir l'étape. Ces souvenirs, si pénibles, si horribles soient-ils, et peut-être justement parce qu'ils reflètent l'horreur de certaines conditions humaines, et parce qu'on est allé porter témoignage (quel insensé!) font que l'on n'a pas le droit de retirer la prise.

caretaker13_juin_2006-1.jpg Donc on repart. Rien que par amour pour une, deux, quelques personnes. Rien que parce qu'arrivé à un certain stade, plutôt que de se donner une fin confortable, on peut donner aux autres encore un peu.
Puis les machoires, qui s'écrasaient l'une contre l'autre se détendent et s'ouvrent. Pour rire un peu, quoi.
Make it light.